Le marché du numérique en France laisse entrevoir une légère reprise en fin d’année 2025
Numeum, premier syndicat des entreprises du numérique en France, dévoile le bilan du marché numérique 2025 et ses projections pour 2026. Dans un contexte macroéconomique instable rendant les prévisions complexes, Numeum table pour autant sur une dynamique plus favorable en 2026.
Après une année 2025 en croissance modérée (+2%), marquée par des disparités selon les métiers (forte croissance pour les éditeurs de logiciels et décroissance pour les activités de service), une reprise tangible s’amorce en cette fin d’année, tirée par les investissements dans l’IA générative et la souveraineté des données. Fort de cette dynamique retrouvée et d’indicateurs opérationnels mieux orientés, Numeum prévoit une accélération de la croissance à +4,3% pour 2026, confirmant le rôle moteur du numérique dans la transformation de l’économie française[1].
Une reprise marquée en fin d’année 2025
Le marché numérique connaît en 2025 une croissance limitée à +2%, avec des évolutions contrastées selon les métiers. Toutefois, le second semestre révèle une inflexion positive, notamment pour les activités de services.
Les données terrain mettent en avant les points suivants :
- Un retournement positif des indicateurs opérationnels des ESN, avec une remontée des taux d’occupation, des carnets de commandes et de la visibilité commerciale en fin d’année ;
- Une amélioration des revenus et des marges, portée par les premiers déploiements de l’IA générative et les efforts d’optimisation des offres ;
- Les DSI déclarent une hausse des budgets IT, liée à la fois aux effets inflationnistes et à l’augmentation du nombre de projets ciblés, en particulier, sur l’IA, la cybersécurité et la modernisation des systèmes.
Les résultats de notre enquête semestrielle témoignent ainsi d’une amélioration progressive du climat d’activité notamment chez les ESN et plus particulièrement chez les ESN ETI et grands comptes.
En conséquence, en 2025, le marché des ESN recule de -1,8 %, pour atteindre 34,3 milliards d’euros marquant une décroissance plus faible qu’attendue, tandis que les activités d’ICT enregistrent une baisse plus marquée de -2,5 %, à 7,7 milliards d’euros.
Une forte croissance confirmée pour les éditeurs de logiciels et plateformes
En 2025, les éditeurs de logiciels et plateformes confirment leur rôle de moteur du marché numérique, avec une croissance de +8,2 %, pour un chiffre d’affaires atteignant 29,1 milliards d’euros.
Cette dynamique repose sur plusieurs facteurs structurants :
- Une migration accélérée vers le SaaS, avec 77 % des nouveaux projets réalisés en SaaS au S2 2025, contre 53 % en 2021 ;
- Des obligations réglementaires croissantes (NIS2, IA Act, RGAA), générant des projets récurrents et structurants ;
- Une demande soutenue en data, intelligence artificielle et cybersécurité ;
- Des engagements contractuels plus longs et un volume de projets en augmentation, malgré le contexte économique.
Les éditeurs constatent également des gains de productivité significatifs liés à l’IA générative, estimés en moyenne à 12,5 % en 2025, avec une progression attendue à 17 % en 2026, confirmant le rôle central de l’IA dans la performance opérationnelle du secteur.
L’IA générative, vecteur de croissance et de marges
Près de 40 % des acteurs du secteur constatent déjà un impact positif de l’IA générative sur leurs marges et leur chiffre d’affaires, signe d’un passage progressif de l’expérimentation à des usages opérationnels créateurs de valeur.
Cet impact s’explique par plusieurs leviers concrets identifiés par les entreprises :
- La création de nouvelles offres basées sur l’IA générative, citée par 63 % des répondants, permettant l’ouverture de nouveaux marchés ;
- L’accélération des cycles de delivery, mentionnée par 58 % des entreprises, avec davantage de projets délivrés chaque année ;
- Une capacité accrue à répondre plus rapidement aux appels d’offres, pour 54 % des acteurs, améliorant le taux de gain ;
- La personnalisation des solutions clients, favorisant les ventes additionnelles et l’up-sell. (44 %) ;
- L’amélioration de la satisfaction client, contribuant à la fidélisation et à l’allongement de la durée des contrats (42 %).
Ces résultats confirment que l’IA générative n’est plus un simple outil d’optimisation, mais devient un véritable moteur de performance économique, de différenciation et de transformation des modèles d’affaires, appelé à jouer un rôle encore plus central dans la dynamique de croissance du secteur en 2026.
Souveraineté numérique : premiers signaux d’investissement
Au-delà des enjeux technologiques, la souveraineté numérique s’affirme comme un levier d’investissement, stimulée par les besoins de conformité, de sécurité et de confiance.
Selon l’enquête :
- 42 % des entreprises du numérique accompagnent leurs clients sur des projets de souveraineté,
- 80 % des entreprises ont réalisé moins de 10 projets en 2025, illustrant une dynamique encore émergente, principalement en phase amont.
- Pour autant le panier moyen d’investissement reste modéré en volume : entre 100 et 150k€ par opportunité en moyenne.
Ces premiers signaux traduisent une demande croissante des organisations publiques et privées, amorçant la structuration de leurs stratégies de souveraineté.
2026 : une dynamique renforcée portée par le retour à la croissance des services
D’après les prévisions Numeum – PAC, le marché numérique français devrait enregistrer une croissance de +4,3 % en 2026 :
- ESN : +1,4 %, pour atteindre 35 milliards d’euros ;
- Éditeurs de logiciels et plateformes : +8,4 %, à 31,6 milliards d’euros ;
- ICT : +1 %, marquant un retour à une croissance positive.
Ces perspectives reposent sur plusieurs moteurs clés :
- L’augmentation des investissements IT et du nombre de nouveaux projets,
- L’industrialisation progressive de l’IA générative,
- La montée en puissance des projets de souveraineté, devenus un enjeu transversal dans un contexte géopolitique incertain.
Dès la fin 2025, les grandes entreprises du secteur sont déjà nombreuses à bénéficier de ces facteurs de reprise.
Méthodologie de l’étude
Les analyses s’appuient sur les chiffres de marché issus de la modélisation PAC et sur les indicateurs collectés auprès de plus de 300 entreprises du numérique représentative du marché dans le cadre de l’enquête en ligne menée entre octobre et novembre 2025.
