À l’heure où les entreprises accélèrent leurs investissements dans l’intelligence artificielle, une nouvelle étude commandée par Pegasystems Inc. révèle un paradoxe : la promesse de l’IA se heurte encore, sur le terrain, à la réalité de systèmes vieillissants qui minent le quotidien des collaborateurs.
Réalisée en partenariat avec YouGov auprès de près de 2 600 actifs au Royaume-Uni et aux États-Unis, cette enquête établit un lien direct entre la qualité de l’environnement technologique, l’engagement des équipes et la capacité des organisations à retenir leurs talents. Des conclusions qui interpellent aussi bien les directions informatiques que les fonctions RH et les comités de direction.
Un décalage criant entre ambitions numériques et réalité du terrain
Seuls 41 % des répondants qualifient leur technologie professionnelle d’efficace, et à peine 33 % la jugent utile. Les qualificatifs négatifs dominent : frustrante (24 %), lente (23 %), obsolète (18 %). Moins d’un salarié sur deux (49 %) considère que son employeur met à disposition des outils modernes.
Pour les DSI, le constat est clair : le fossé entre la stratégie de modernisation et l’expérience réellement vécue par les utilisateurs reste considérable.
Un enjeu RH majeur : frustration, épuisement et risque de départ
L’impact sur le moral des équipes est sans ambiguïté. Parmi les salariés confrontés à des outils inefficaces, 42 % se disent frustrés, 21 % épuisés et 18 % démotivés. Plus inquiétant : 12 % reconnaissent abandonner purement et simplement certaines tâches.
Surtout, 36 % des personnes interrogées envisageraient de changer d’emploi si leurs attentes technologiques ne sont pas satisfaites. Dans un contexte de tension sur les compétences, ce chiffre fait de la qualité de l’environnement de travail numérique un levier de fidélisation à part entière, au même titre que la rémunération ou les perspectives de carrière.
Un héritage technologique qui pèse sur la compétitivité
L’enquête met en lumière la persistance de systèmes anciens : 31 % des répondants déclarent utiliser des technologies héritées, un chiffre sans doute sous-estimé puisque 69 % ne sont pas en mesure de se prononcer. Parmi les outils encore en service : 18 % d’applications exclusivement de bureau et 10 % de systèmes mainframe à « écran vert ».
Ces environnements contraignent la rapidité d’exécution, compliquent l’intégration entre systèmes et alourdissent les coûts de formation. Pour les directions générales, c’est un frein direct à l’agilité opérationnelle et à la capacité d’innovation.
Le vrai problème n’est pas la prise en main, c’est l’usage au quotidien
Fait révélateur : 70 % des salariés s’adaptent à leur environnement technologique en moins d’un mois. Pourtant, seuls 53 % estiment que leurs outils leur permettent de donner le meilleur d’eux-mêmes. Ce n’est donc pas l’onboarding qui fait défaut, mais bien la performance des systèmes au quotidien – un sujet qui relève autant de la DSI que de la stratégie d’entreprise.
Des attentes convergentes : vitesse, automatisation, fiabilité
Interrogés sur leurs priorités, les salariés expriment des besoins concrets : davantage de rapidité et de performance (46 %), plus d’automatisation des tâches répétitives (28 %) et une meilleure fiabilité avec moins d’erreurs (23 %). Trois axes qui dessinent une feuille de route commune aux directions IT, RH et métiers.
Moderniser les systèmes hérités : un investissement à triple impact
Pour Pega, ces résultats plaident en faveur d’une stratégie de transformation des systèmes hérités s’appuyant sur l’intelligence artificielle. L’IA permet non seulement de prolonger la valeur des investissements existants, mais aussi d’agir simultanément sur trois leviers : la productivité des équipes, l’engagement des collaborateurs et la rétention des talents.
« Les technologies héritées créent un coût caché que beaucoup d’organisations ne perçoivent pas avant qu’il ne soit trop tard », souligne Don Schuerman, directeur de la technologie de Pega. « Pour les DSI, c’est un enjeu de performance. Pour les DRH, c’est un enjeu de fidélisation. Pour les dirigeants, c’est un enjeu de compétitivité. Moderniser en misant sur la vitesse, l’automatisation et l’expérience utilisateur, c’est investir sur les trois à la fois. »

Méthodologie
Étude réalisée par YouGov Plc. pour le compte de Pegasystems auprès de près de 2 600 actifs au Royaume-Uni et aux États-Unis. L’enquête porte sur l’usage des technologies en entreprise, la perception des systèmes hérités (mainframes/COBOL, Lotus Notes, anciens BPM, systèmes ERP et bases de données vieillissants, outils de collaboration obsolètes), leur impact sur le moral des équipes et les intentions de mobilité professionnelle.
